How French Income Tax Is Calculated on a Payslip: The Prélèvement à la Source, End to End

Comment l'impôt sur le revenu français est calculé sur un bulletin de paie : le prélèvement à la source, de bout en bout

L'impôt sur le revenu français fonctionne différemment de la plupart des retenues sur la paie : l'employeur retient l'impôt chaque mois mais ne calcule jamais combien d'impôt sur le revenu le salarié doit réellement pour l'année. Depuis janvier 2019, l'impôt sur le revenu est collecté à la source par le prélèvement à la source (PAS). Chaque mois, l'employeur retient l'impôt sur le salaire et reverse l'argent à l'État, agissant seulement comme tiers collecteur, non comme l'autorité fiscale. L'administration fiscale fixe le taux, et l'administration fiscale règle la facture finale l'année suivante. Le rôle de l'employeur est étroit, et trois choses décident si la retenue est correcte : le montant auquel l'impôt s'applique, le taux appliqué à ce montant, et la rémunération exonérée avant l'une ou l'autre étape. Je prendrai les trois dans l'ordre.

Le montant auquel l'impôt s'applique : le net imposable

Le PAS n'est pas appliqué au salaire brut et n'est pas appliqué au salaire net. L'impôt s'applique à un troisième chiffre, le net imposable.

Le net imposable part du salaire brut puis opère un ensemble d'ajustements. Le salaire brut est réduit de la part déductible de la CSG (6.80% calculée sur 98.25% du brut), des cotisations de retraite du salarié (à la fois la cotisation de base vieillesse et les cotisations de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO), et des cotisations santé et prévoyance du salarié dans leurs limites d'exonération. Deux montants sont ensuite réintégrés, et tous deux sont faciles à manquer : la part non déductible de la CSG et de la CRDS, qui reste dans le revenu imposable, et toute cotisation patronale à la couverture santé ou prévoyance au-dessus du seuil d'exonération. Enfin, la part exonérée de la rémunération des heures supplémentaires, jusqu'à 7 500 € nets par an, est retirée.

Le brut et le net imposable sont des chiffres différents sur presque chaque bulletin de paie, et l'écart entre les deux varie d'un salarié à l'autre selon leurs cotisations. Appliquer l'impôt au brut sur-impose le salarié ; appliquer l'impôt au net sous-impose le salarié. Dans les deux cas, le bulletin de paie mensuel a l'air correct, et la différence n'est repérée que sur la déclaration d'impôt annuelle à la fin de l'année.

D'où vient le taux mensuel

La France ne demande pas à l'employeur de calculer le taux d'imposition du salarié. Trois sortes de taux existent. Le taux personnalisé est calculé par l'administration fiscale à partir de la situation d'ensemble du foyer et transmis à l'employeur chaque mois dans un fichier appelé le compte-rendu métier (CRM). Le taux individualisé est le même dispositif pour les couples qui souhaitent que chaque partenaire soit imposé sur son propre revenu plutôt que sur un taux de foyer unique. Le taux neutre est le taux par défaut : lorsque l'employeur n'a reçu aucun taux personnalisé pour un salarié, l'employeur applique un taux issu d'une grille publiée fondée uniquement sur le montant du net imposable.

La grille, pour la France métropolitaine en 2026, fonctionne par paliers : 0% jusqu'à 1 635 € de net imposable mensuel, puis en montant à travers 0.5%, 1.3%, 2.1% et au-delà, atteignant 20% à 7 037 €, et 30% et plus pour les tranches supérieures, jusqu'à 43% au-dessus de 55 558 € par mois. Les départements d'outre-mer utilisent leurs propres grilles plus basses.

Deux caractéristiques du taux comptent. Le taux change en cours d'année : un mariage, un divorce, une naissance ou un changement de revenu conduit l'administration à envoyer un nouveau taux personnalisé, effectif à compter du mois où le service des impôts l'émet, sans rétroactivité. Et le défaut n'est pas facultatif : lorsqu'aucun taux personnalisé n'est enregistré, ce qui est courant pour les nouvelles embauches, la grille neutre doit être utilisée, lue sur le net imposable plutôt que sur le brut.

Le barème annuel qui fixe le taux

Le taux personnalisé provient du barème progressif de l'impôt sur le revenu, bien que l'employeur n'applique jamais le barème directement. Le barème comporte cinq tranches, allant de 0% à travers 11%, 30%, 41% et 45% sur le revenu le plus élevé, appliquées au revenu par part du foyer. Les seuils entre les tranches sont réindexés chaque année dans la loi de finances, et dans une année où le budget est retardé ou gelé, les seuils antérieurs restent en vigueur. L'administration fiscale combine le barème, les parts familiales du foyer et les éventuelles réductions en un seul pourcentage, et n'envoie à l'employeur que ce pourcentage. Autrement dit, l'autorité fiscale fait le calcul compliqué, et l'employeur se contente d'appliquer le pourcentage que l'autorité fiscale fournit.

Deux réductions que l'on s'attend souvent à voir sur le bulletin de paie n'y sont pas du tout appliquées. L'abattement de 10% pour frais professionnels et le quotient familial (qui divise le revenu du foyer en parts pour atténuer les taux progressifs) ne sont jamais appliqués dans la retenue mensuelle. L'autorité fiscale applique les deux une fois par an, dans le calcul annuel sur l'ensemble du foyer, ce qui explique pourquoi l'impôt retenu chaque mois n'est qu'une approximation, corrigée l'année suivante plutôt que définitive.

Quelle rémunération est imposée et laquelle est exonérée

Le revenu salarial est largement imposable : le salaire de base, la rémunération des heures supplémentaires et des heures complémentaires, la plupart des primes et gratifications, et les avantages en nature tels qu'une voiture de fonction ou un logement fourni par l'employeur. Plusieurs catégories sont retirées avant la fixation de la base imposable, et chacune porte une limite précise.

Les heures supplémentaires et complémentaires sont exonérées d'impôt sur le revenu jusqu'à 7 500 € nets par an, bien que toutes deux restent soumises à la CSG et à la CRDS. Les apprentis sont exonérés d'impôt sur le revenu sur la rémunération d'apprentissage jusqu'au SMIC annuel. Les stagiaires percevant une gratification sont exonérés d'impôt sur le revenu jusqu'au SMIC annuel. Les remboursements de frais professionnels authentiques dans les limites URSSAF ne sont pas un revenu imposable. Certaines indemnités sectorielles sont également exclues. Aucune de ces exonérations n'est discrétionnaire ; chacune est une exonération définie avec un plafond, et tout montant au-dessus du plafond réintègre la base imposable.

Les trois éléments qui changent au cours de l'année

Peu de choses dans le calcul français sont conceptuellement difficiles, mais trois parties doivent être exactes, et toutes trois changent dans le temps. Le net imposable doit être recalculé sur chaque bulletin de paie, en utilisant la CSG, la retraite et la prévoyance propres à ce salarié, de sorte qu'aucun salarié ne partage le même chiffre. Le taux n'est pas figé : le service des impôts émet un nouveau taux chaque fois que la situation d'un foyer change, effectif à compter du mois d'émission. Et le gouvernement révise les chiffres sous-jacents chaque année par la loi de finances : les tranches de revenu derrière le taux personnalisé sont réindexées pour janvier, et la grille par défaut (neutre) que l'employeur utilise lorsqu'aucun taux personnalisé n'a été fourni est réémise pour prendre effet au 1er mai. Chaque exonération a aussi un plafond, au-dessus duquel la rémunération devient imposable.

Pour un employeur, le calcul se réduit à deux chiffres par salarié et par mois : le net imposable auquel l'impôt s'applique, et le taux que le service des impôts a envoyé en dernier. Les deux peuvent changer d'un mois à l'autre. Parce que la retenue mensuelle n'est qu'une avance que l'État règle l'année suivante, un mois qui utilise la mauvaise base ou un taux périmé produit tout de même un bulletin de paie d'apparence normale, et l'erreur n'est identifiée que lorsque la déclaration d'impôt annuelle est régularisée à la fin de l'année.

*Sources : Code général des impôts Art. 204 A à 204 N (prélèvement à la source), Décret n°2017-866. Base du PAS (net imposable) : brut moins CSG déductible (6.80% sur 98.25% du brut), moins cotisations vieillesse et AGIRC-ARRCO du salarié, moins santé/prévoyance du salarié dans les limites, plus CSG/CRDS non déductible, plus santé/prévoyance patronale au-dessus des limites d'exonération, moins la part exonérée des heures supplémentaires (jusqu'à 7 500 € nets/an, CGI Art. 81 quater / L241-17 CSS). Types de taux : personnalisé, individualisé, neutre (CGI Art. 204 H ; grille par la DGFiP). Grille de taux neutre 2026 (France métropolitaine, effective au 1er mai 2026, BOFiP BOI-BAREME-000037) : 0% jusqu'à 1 635 €/mois en montant jusqu'à 43% au-dessus de 55 558 €/mois. Barème progressif : cinq tranches 0%/11%/30%/41%/45% sur le revenu par part, seuils réindexés chaque année par la loi de finances. Abattement standard de 10% pour frais professionnels et quotient familial appliqués uniquement dans l'imposition annuelle par la DGFiP, non dans la retenue mensuelle. Exonération des apprentis jusqu'au SMIC annuel (CGI Art. 81 bis) ; exonération d'impôt sur le revenu de la gratification de stage jusqu'au SMIC annuel (CGI Art. 81 bis ; CSS L242-4-1 régit uniquement le seuil de cotisations sociales). Les chiffres sont les valeurs 2026 citées.*

Sources: Code général des impôts Art. 204 A to 204 N (prélèvement à la source), Décret n°2017-866. PAS base (net imposable): gross less CSG déductible (6.80% on 98.25% of gross), less employee vieillesse and AGIRC-ARRCO contributions, less employee health/welfare within limits, plus non-deductible CSG/CRDS, plus employer health/welfare above exemption limits, less overtime exempt portion (up to €7,500 net/year, CGI Art. 81 quater / L241-17 CSS). Rate types: personnalisé, individualisé, neutre (CGI Art. 204 H; grid per DGFiP). 2026 neutral-rate grid (metropolitan France, effective 1 May 2026, BOFiP BOI-BAREME-000037): 0% up to €1,635/month rising to 43% above €55,558/month. Progressive barème: five bands 0%/11%/30%/41%/45% on income per part, thresholds re-indexed annually by the finance law. Standard 10% professional-expense deduction and quotient familial applied only in the annual assessment by DGFiP, not in monthly withholding. Apprentice exemption up to annual SMIC (CGI Art. 81 bis); intern gratification income-tax exemption up to annual SMIC (CGI Art. 81 bis; CSS L242-4-1 governs only the social-contribution threshold). Figures are the cited 2026 values.
Mehmood Deshmukh

Mehmood Deshmukh

CTO et cofondateur

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