Cesantías in Colombia: the annual severance deposit, 12% interest, and the 14 February deadline

Cesantías en Colombie : le versement annuel de l'épargne de fin de contrat, 12 % d'intérêts et l'échéance du 14 février

En Colombie, les cesantías sont une épargne de fin de contrat : un mois de salaire par année de service, que l'employeur calcule au 31 décembre et verse au plus tard le 14 février sur un fondo de cesantías, le fonds choisi par le salarié. Par ailleurs, l'employeur verse directement au salarié, en janvier, les intereses sobre cesantías : 12 % par an sur les cesantías acquises. Tout retard de versement coûte un jour de salaire par jour de retard.

Dans un tableur, ces règles représentent trois tâches chaque année en janvier et en février : verser les intérêts à chaque salarié, transférer les cesantías vers le fonds choisi par chaque salarié, et effectuer des calculs distincts pour les embauches en cours d'année et les salariés rémunérés à la commission.

Comment les cesantías s'acquièrent : un mois de salaire par année de service

L'Art. 249 du Code du travail colombien (Código Sustantivo del Trabajo, CST) fixe ce droit d'un mois par an, au prorata pour une année incomplète. En vertu de la Ley 50 de 1990 Art. 99, qui s'applique aux contrats conclus depuis 1991, l'employeur calcule chaque 31 décembre la liquidación de cesantías (le décompte de fin d'année) pour l'année ou la fraction d'année travaillée.

La pratique de paie colombienne compte une année pour 360 jours et un mois pour 30, de sorte que cesantías = base × jours travaillés ÷ 360. Un salarié entré le 1er juillet totalise 180 jours en fin d'année et acquiert un demi-mois de base.

La base des cesantías : salaire, indemnité de transport, rémunération variable

Selon le CST Art. 253, si le salaire n'a pas changé au cours des trois derniers mois, la base est le dernier salaire mensuel. Si le salaire a changé, ou si la rémunération est variable, la base est la moyenne des sommes perçues au cours de la dernière année (ou de toute la période, si elle est plus courte). Cette moyenne inclut tout ce qui constitue du salaire au sens du CST Art. 127 : heures supplémentaires, majorations du dimanche, commissions et primes habituelles.

La base inclut également l'auxilio de transporte (indemnité de transport) pour les salariés qui gagnent jusqu'à deux salaires minimums, car la Ley 1 de 1963 Art. 7 assimile cette indemnité à du salaire pour les prestaciones sociales (prestations légales). Le salaire minimum et l'indemnité de transport sont fixés par décret chaque mois de décembre. Pour 2026, le salaire minimum mensuel (SMMLV) s'élève à COP 1 750 905 (deux salaires minimums : COP 3 501 810) et l'indemnité de transport à COP 249 095 par mois. Le Consejo de Estado (la plus haute juridiction administrative) ne s'est pas encore prononcé définitivement sur les recours contre le décret 2026 relatif au salaire minimum ; le montant reste en vigueur.

Intereses sobre cesantías : 12 % par an, à verser au plus tard le 31 janvier

La Ley 52 de 1975 Art. 1 et la Ley 50 de 1990 Art. 99 imposent des intérêts de 12 % par an sur les cesantías de l'année (et non sur la totalité du solde du fonds), au prorata pour une année incomplète. La formule est cesantías × jours travaillés × 12 % ÷ 360. Une année complète produit 12 % et 180 jours produisent 6 % ; appliquer le taux forfaitaire de 12 % aux cesantías d'une demi-année revient à verser le double des intérêts dus.

Les intérêts sont versés directement au salarié, jamais au fonds : en janvier, ou dans le solde de tout compte à la fin du contrat. L'employeur qui ne verse pas les intérêts dans les délais doit une somme supplémentaire unique égale aux intérêts (Ley 52 de 1975 Art. 1, numeral 3). Les intérêts sont entièrement exonérés d'impôt sur le revenu uniquement si le revenu mensuel moyen du salarié sur les six derniers mois ne dépasse pas 350 UVT (unités de valeur fiscale), et partiellement exonérés selon un barème dégressif au-delà (code des impôts, Estatuto Tributario Art. 206, numeral 4). Les intérêts sont insaisissables, sauf pour les pensions alimentaires dues aux enfants et les dettes envers des coopératives, dans la limite de 50 % (CST Art. 344).

Le versement du 14 février sur le fondo de cesantías

La Ley 50 de 1990 Art. 99 impose la consignación de cesantías (le versement) « avant le 15 février », donc au plus tard le 14 février, sur un compte individuel auprès du fonds choisi par le salarié : une société privée de gestion de fonds ou le Fondo Nacional del Ahorro (Fonds national d'épargne), public.

En 2027, le 31 janvier et le 14 février tombent tous deux un dimanche. Les praticiens reportent généralement une telle échéance au jour ouvrable suivant, le lundi 15 février, en application de la Ley 4 de 1913 Art. 62, mais cet article vise les délais exprimés en jours, en mois ou en années, alors que l'Art. 99 fixe une date précise. La voie prudente consiste à verser les intérêts au plus tard le vendredi 29 janvier et à effectuer le versement au fonds au plus tard le vendredi 12 février.

La Ley 2466 de 2025 (la réforme du travail de 2025) Art. 64 permet à l'employeur de verser chaque mois, par anticipation, 8,33 % de la base (il ne s'agit pas d'un paiement partiel au salarié), et permet aux parties de convenir par écrit d'intérêts mensuels de 1 % de la base. La loi subordonne cette option à l'adaptation de la PILA (le formulaire de déclaration des cotisations sociales) par le ministère de la Santé. Le projet de décret d'application du ministère du Travail (mai 2026, révisé en juillet 2026) rend le versement mensuel facultatif et le soumet à un accord écrit ; aucun décret définitif n'avait été pris à la mi-octobre 2026. Lorsque la rémunération varie, la différence entre les versements mensuels et le décompte du 31 décembre reste due à l'échéance de février.

Exemple chiffré : une année complète à 1,5 SMMLV en 2026

Un salarié perçoit un salaire fixe de 1,5 SMMLV pendant toute l'année 2026.

  1. Salaire mensuel : COP 1 750 905 × 1,5 = COP 2 626 358 (arrondi).
  2. Base : le salaire est inférieur à deux salaires minimums, l'indemnité de transport est donc ajoutée : COP 2 626 358 + COP 249 095 = COP 2 875 453.
  3. Cesantías : COP 2 875 453 × 360 ÷ 360 = COP 2 875 453, versées sur le fonds du salarié au plus tard le 14 février 2027.
  4. Intérêts : COP 2 875 453 × 360 × 12 % ÷ 360 = COP 345 054, versés au salarié au plus tard le 31 janvier 2027.

Les cesantías et les intérêts coûtent ensemble à l'employeur COP 3 220 507 pour l'année. Si le salarié était entré le 1er juillet 2026 (180 jours), les cesantías s'élèveraient à COP 1 437 727 et les intérêts à COP 86 264.

Salario integral : pas de cesantías distinctes

Les salariés au salario integral (un salaire unique tout compris) ne perçoivent ni cesantías ni intérêts distincts ; tous les autres salariés acquièrent des cesantías. Le CST Art. 132 autorise un accord écrit portant sur un salaire d'au moins 10 SMMLV, majoré d'un factor prestacional (composante prestations) d'au moins 30 %, soit au moins 13 SMMLV (COP 22 761 765 par mois en 2026). Ce montant unique compense par avance les cesantías, leurs intérêts, la prime de service et la plupart des majorations ; seuls les congés payés sont rémunérés à part. Sans accord écrit, les cesantías s'acquièrent normalement.

Versements tardifs : un jour de salaire par jour de retard

La sanción moratoria (pénalité de retard de versement) est d'un jour de salaire par jour de retard (Ley 50 de 1990 Art. 99, numeral 3), calculée comme salaire mensuel ÷ 30, hors indemnité de transport. Dans l'exemple chiffré, le salaire journalier est de COP 87 545 ; un retard de 30 jours coûte donc un mois de salaire entier (COP 2 626 358), presque le montant du versement lui-même.

La Corte Suprema de Justicia (Cour suprême de justice) a jugé dans l'arrêt SL15097-2014 (24 septembre 2014) que la pénalité court à compter du 15 février jusqu'au versement ou jusqu'à la fin du contrat, selon l'événement qui survient en premier. Les juges tiennent également compte de la bonne foi de l'employeur, de sorte que la pénalité n'est pas automatique. La Ley 2466 de 2025 Art. 15 a ajouté au CST Art. 57 un moyen de défense limité : un paiement direct des cesantías au salarié, dûment prouvé, éteint l'obligation et évite la pénalité, sauf s'il est démontré que le paiement n'a pas été effectué librement et n'a pas été affecté à une finalité autorisée par la loi. L'affiliation à un fonds reste obligatoire.

Retraits partiels et paiement à la fin du contrat

En vertu de la Ley 50 de 1990 Art. 102, le salarié ne peut retirer des sommes du fonds que dans les cas suivants :

  • à la fin du contrat de travail ;
  • pour le logement : achat, construction, amélioration ou remboursement du prêt du logement du salarié (CST Art. 256), après confirmation par l'employeur que les conditions sont remplies ;
  • pour les études supérieures du salarié, de son conjoint ou partenaire stable, ou de ses enfants, avec paiement direct à l'établissement, les plans d'épargne-études et les assurances éducation pour les enfants ou personnes à charge ayant été ajoutés par la Ley 1809 de 2016.

Le fonds doit payer dans un délai de cinq jours ouvrables à compter d'une demande complète (Decreto 1072 de 2015).

À la fin du contrat, l'employeur verse directement au salarié, dans le solde de tout compte, le jour même de la fin du contrat, les cesantías de l'année en cours non encore versées au fonds, avec les intérêts au prorata (Ley 50 de 1990 Art. 99, numeral 4). Le paiement tardif du solde de tout compte est soumis à une pénalité distincte en vertu du CST Art. 65, que nous traitons dans notre article sur la rupture du contrat de travail en Colombie.

En résumé

Les cesantías s'acquièrent à raison d'un mois de base par tranche de 360 jours de service ; pour les salariés qui gagnent jusqu'à deux salaires minimums, la base inclut l'indemnité de transport. L'employeur les liquide au 31 décembre et les verse sur le fonds du salarié avant le 15 février ; les intérêts de 12 %, proratisés pour les années incomplètes, sont versés au salarié en janvier. Les salariés au salario integral ne perçoivent ni les unes ni les autres. Un versement tardif coûte un jour de salaire par jour de retard, et des intérêts impayés entraînent un paiement supplémentaire unique du même montant.

Flux gère la paie colombienne pour ses partenaires, afin que l'équipe de chaque partenaire puisse consacrer le mois de janvier à vérifier ces chiffres plutôt qu'à les reconstruire dans un tableur.

Sources : Le droit aux cesantías et leur base de calcul découlent du Código Sustantivo del Trabajo Arts. 249 et 253, les retraits pour le logement de l'Art. 256 et le salario integral de l'Art. 132 (modifié par la Ley 50 de 1990 Art. 18). La Ley 1 de 1963 Art. 7 inclut l'indemnité de transport dans la base des prestaciones sociales. La Ley 50 de 1990 Art. 99 fixe le décompte au 31 décembre, les intérêts de 12 %, le versement avant le 15 février, la pénalité d'un jour de salaire par jour de retard et le paiement direct à la fin du contrat ; l'Art. 102 énumère les retraits autorisés (parágrafo ajouté par la Ley 1809 de 2016). La Ley 52 de 1975 Art. 1 fixe le paiement des intérêts en janvier, le calcul au prorata et la pénalité d'un montant égal ; l'exonération d'impôt sur le revenu et son plafond de 350 UVT découlent de l'Estatuto Tributario Art. 206 numeral 4, et les exceptions à l'insaisissabilité du CST Art. 344. Le Decreto 1072 de 2015 Arts. 2.2.1.3.4, 2.2.1.3.5 et 2.2.1.3.13 fixe les intérêts au prorata et le paiement dans le mois suivant le décompte du 31 décembre, et les Arts. 2.2.1.3.3 et 2.2.1.3.15 (ajoutés par le Decreto 1562 de 2019) la vérification par l'employeur pour les retraits liés au logement et le délai de retrait de cinq jours ouvrables. La Ley 4 de 1913 Art. 62 est la règle du jour ouvrable suivant que les praticiens appliquent à l'échéance de février. La Ley 2466 de 2025 (Diario Oficial 53.160, 25 juin 2025) Art. 64 a introduit le versement mensuel facultatif de 8,33 % et les intérêts de 1 %, et l'Art. 15 le moyen de défense du paiement direct ; le projet de décret d'application du ministère du Travail a été soumis à consultation en mai 2026 et révisé en juillet 2026, sans décret définitif au 13 octobre 2026. Le SMMLV 2026 de COP 1 750 905 découle du Decreto 1469 de 2025 et du Decreto 159 de 2026 (le Consejo de Estado a levé la suspension provisoire en juillet 2026 ; sa décision définitive sur les recours en nullité est attendue) et l'indemnité de transport de COP 249 095 du Decreto 1470 de 2025, tous deux confirmés par le ministère du Travail en octobre 2026. La durée de la pénalité de retard suit l'arrêt SL15097-2014 de la Corte Suprema de Justicia ; la formule des intérêts et la pratique en cas d'échéance tombant un week-end sont recoupées avec Gerencie.com. Les chiffres portent sur 2026 et sont donnés à titre illustratif.
Niko Nurmentaus

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