Portugal's subsídio de férias and subsídio de Natal: the 14-payment year and how each payment is taxed

Subsídio de férias et subsídio de Natal au Portugal : 14 versements par an et la fiscalité de chacun

Un salarié portugais payé 1 500 € par mois perçoit 21 000 € par an, et non 18 000 €. La différence correspond au subsídio de férias (prime de vacances) et au subsídio de Natal (prime de Noël), souvent appelés 14e et 13e mois : deux versements supplémentaires, chacun égal à un mois de salaire, que le Code du travail portugais (Código do Trabalho) impose pour tous les salariés. Un budget construit comme en Allemagne ou au Royaume-Uni, salaire mensuel multiplié par douze, oublie deux versements. Chaque prime obéit à ses propres règles de date, d'assiette, de proratisation et de retenue.

Quand le subsídio de férias et le subsídio de Natal sont dus

La prime de Noël, égale à un mois de salaire, doit être versée au plus tard le 15 décembre de chaque année (Código do Trabalho, art. 263(1)). La prime de vacances doit être versée avant le début des congés du salarié et, lorsque les congés sont fractionnés, au prorata de chaque période, sauf accord écrit contraire entre l'employeur et le salarié (art. 264(3)).

Le non-respect de l'un ou l'autre de ces articles constitue une infraction administrative très grave (contraordenação muito grave), la catégorie la plus élevée des amendes en droit du travail (art. 263(3) et 264(4)).

Ce qui entre dans chaque prime

Pour la prime de Noël, l'art. 262 fixe l'assiette par défaut : salaire de base (retribuição base) plus majorations d'ancienneté (diuturnidades), sauf disposition contraire de la loi, d'une convention collective ou du contrat. Les heures supplémentaires et les primes ponctuelles sont exclues par défaut.

La prime de vacances a une assiette plus large : l'art. 264(2) ajoute au salaire de base les éléments qui rémunèrent les modalités particulières d'exécution du travail, comme une prime régulière de travail posté ou de travail de nuit. Un salarié qui perçoit une majoration régulière pour travail de nuit reçoit donc une prime de vacances plus élevée que sa prime de Noël.

L'indemnité de repas n'entre en général dans aucune des deux assiettes, car l'art. 260(2) l'exclut de la rémunération. Les conventions collectives élargissent souvent ces règles par défaut : la convention applicable au secteur du client est donc le premier document à vérifier.

Proratisation pour les entrées, les sorties et les longues absences

La prime de Noël est proportionnelle au temps travaillé dans l'année civile dans trois cas : l'année de l'embauche, l'année de la fin du contrat et toute année au cours de laquelle le contrat est suspendu pour un motif tenant au salarié (art. 263(2)). La suspension désigne une absence de plus d'un mois non imputable au salarié, comme une longue maladie (art. 296(1)).

  • Entrée : un salarié embauché le 1er septembre à 1 500 € par mois reçoit une prime de Noël de 1 500 € × 4 ÷ 12 = 500 € au plus tard le 15 décembre.

La prime de vacances dépend du droit à congés. L'année de l'embauche, le salarié acquiert deux jours ouvrés de congés par mois de contrat, dans la limite de 20 jours (art. 239(1)), et la prime est versée au prorata de ces jours. Ensuite, le droit complet de 22 jours est acquis chaque 1er janvier (art. 237(1) et 238(1)).

À la fin du contrat, le salarié a droit à l'indemnité de congés et à la prime de vacances pour les congés acquis et non pris et, au prorata de sa durée de service, pour l'année du départ (art. 245(1)), plus la prime de Noël proratisée.

  • Sortie : un salarié de longue date payé 1 500 € quitte l'entreprise le 30 juin sans avoir pris aucun des congés acquis au 1er janvier et sans avoir reçu la prime de vacances de l'année. Le solde de tout compte ajoute 1 500 € d'indemnité de congés et 1 500 € de prime de vacances pour les congés acquis, 750 € de chaque pour six mois de service dans l'année du départ et une prime de Noël de 750 € : 5 250 € en plus du salaire de juin.

Lorsqu'un long arrêt maladie réduit une prime, le salarié peut réclamer la différence à la Segurança Social (le système portugais de sécurité sociale) au titre d'une prestation compensatoire (prestação compensatória), en déposant sa demande dans les six mois à compter du 1er janvier de l'année suivante.

Duodécimos : verser les primes par douzièmes

Les duodécimos (douzièmes) consistent à diviser une prime en douze parts égales et à en verser une avec chaque salaire mensuel. À 1 500 € par mois, entièrement versés par douzièmes, le bulletin de paie affiche chaque mois 1 500 € de salaire plus 125 € de chaque prime, sans versement en une fois (le dernier douzième de la prime de Noël doit tout de même être versé au plus tard le 15 décembre).

De 2013 à 2017, un régime temporaire obligeait les employeurs du secteur privé à verser la moitié de chaque prime par douzièmes, sauf si le salarié s'y opposait dans un délai de cinq jours ; les contrats à durée déterminée et les contrats de travail temporaire nécessitaient un accord écrit. La Lei 11/2013 a créé ce régime, et chaque budget de l'État l'a reconduit pour un an, pour 2017 par la Lei 42/2016, art. 274. Le budget de l'État pour 2018 (Lei 114/2017) ne contient aucun article équivalent. Le régime n'est pas revenu : la règle par défaut est désormais le versement intégral à chaque échéance.

Les douzièmes restent licites en 2026 par accord. Pour la prime de vacances, l'art. 264(3) autorise expressément un autre calendrier convenu par écrit. Pour la prime de Noël, le Code fixe seulement l'échéance du 15 décembre ; le cabinet d'avocats CMS considère que des versements mensuels sont permis si le montant total est payé à cette date. Les accords peuvent porter sur tout ou partie de chaque prime, et une convention collective prévoyant une date de paiement fixe l'emporte sur un accord individuel moins favorable.

Comment la retenue d'IRS et la TSU s'appliquent à chaque prime

Chaque prime fait l'objet d'une retenue distincte. La retenue à la source de l'IRS (l'impôt portugais sur le revenu des personnes physiques), appelée retenção na fonte, est calculée sur chaque prime séparément, jamais en ajoutant la prime au salaire du mois (Código do IRS, art. 99-C(5)). L'employeur applique à la prime seule le barème de retenue en vigueur à la date du paiement, comme s'il s'agissait d'un salaire mensuel. Jusqu'ici en 2026, il s'agit des barèmes du Despacho 233-A/2026 (un arrêté du gouvernement), et chaque versement d'un mois de prime a son propre taux effectif (n.º 10). Le résultat est arrondi à l'euro inférieur (art. 99-E).

Les douzièmes suivent le taux de la prime entière. Chaque douzième subit une retenue égale à sa part proportionnelle de l'impôt calculé sur la prime entière (art. 99-C(6)). L'Ordem dos Contabilistas Certificados (l'ordre professionnel des experts-comptables portugais) recommande d'appliquer à chaque douzième le taux effectif de la prime entière.

Les cotisations de sécurité sociale (TSU, taxa social única) s'appliquent intégralement. Les primes de Noël et de vacances font partie de l'assiette des cotisations (Código Contributivo, art. 46(2)(h)) : la cotisation salariale de 11 % et la cotisation patronale de 23,75 % (art. 53) s'appliquent donc à chaque prime, versée en une fois ou par douzièmes, sans plafond.

Exemple chiffré : 1 500 € par mois sur 14 versements

Prenons un salarié célibataire sans personne à charge, résident sur le continent et hors IRS Jovem (l'exonération partielle d'IRS pour les jeunes actifs), payé 1 500 € brut par mois, avec les deux primes versées en totalité. Dans les barèmes 2026 (Despacho 233-A/2026), la ligne de la Table I pour une rémunération mensuelle jusqu'à 1 819 € comporte un taux marginal de 24,10 % et une déduction de 193,33 € (parcela a abater).

Novembre 2026 fait exception. Le 9 octobre 2026, le Parlement a adopté la loi autorisant le gouvernement à réduire les taux d'IRS des six premières tranches avec effet au 1er janvier 2026 (Proposta de Lei 108/XVII/2). Le Despacho 12523-A/2026, publié le 14 octobre, divise par deux la retenue calculée selon le Despacho 233-A/2026 sur les revenus d'activité versés sur le continent en novembre, y compris une prime de Noël versée ce mois-là. Les rémunérations mensuelles supérieures à 20 221 € sont exclues, et les barèmes actuels s'appliquent de nouveau à partir de décembre. Cet exemple verse la prime de Noël en décembre, selon le Despacho 233-A/2026 ; une prime de Noël versée en novembre reste soumise à une retenue distincte, ensuite divisée par deux.

Chacun des 14 versements se calcule de la même façon :

  • IRS : 1 500 € × 24,10 % = 361,50 €, moins 193,33 € = 168,17 €, arrondi à l'euro inférieur, soit 168 €
  • TSU salariale : 1 500 € × 11 % = 165 €
  • Net : 1 500 € − 168 € − 165 € = 1 167 €
  • TSU patronale : 1 500 € × 23,75 % = 356,25 €

Sur l'année :

  • Rémunération brute : 1 500 € × 14 = 21 000 €
  • TSU patronale : 356,25 € × 14 = 4 987,50 €
  • Coût annuel pour l'employeur : 21 000 € + 4 987,50 € = 25 987,50 €

Un budget établi sur douze versements donne 1 856,25 € × 12 = 22 275 €, soit une sous-estimation du coût de 3 712,50 € par salarié (avant l'indemnité de repas, l'assurance accidents du travail et les autres coûts).

Avec un versement intégral par douzièmes, le brut mensuel du salarié passe à 1 750 €. Pour tout mois autre que novembre 2026, l'IRS sur le salaire reste de 168 €. L'IRS sur chaque douzième de 125 € correspond à un douzième du calcul sur la prime entière : 125 € × 24,10 % = 30,125 €, moins 193,33 € ÷ 12 = 16,11 €, soit 14,01 €, arrondi à l'euro inférieur à 14 €. L'IRS mensuel s'élève à 168 € + 14 € + 14 € = 196 €. Une retenue sur le total de 1 750 € donnerait en revanche 1 750 € × 24,10 % − 193,33 € = 228,42 €, soit 228 € : 32 € de trop retenus chaque mois, 384 € par an que le salarié ne récupère que lors de sa déclaration annuelle de revenus.

Synthèse

Les salariés portugais sont payés 14 fois par an. Le subsídio de Natal est dû au plus tard le 15 décembre et se calcule par défaut sur le salaire de base plus les majorations d'ancienneté ; le subsídio de férias est dû avant les congés et inclut en outre les primes liées aux modalités d'exécution du travail. Les deux sont proratisés l'année de l'embauche et celle du départ, et la prime de Noël également en cas de longue suspension. Les duodécimos exigent un accord écrit. Chaque prime fait l'objet d'une retenue d'IRS distincte et est soumise à la TSU complète de 34,75 %.

Flux applique les barèmes en vigueur et calcule la retenue de chaque prime séparément à chaque cycle de paie : un cabinet qui gère la paie portugaise de ses clients vérifie le résultat au lieu de calculer chaque prime à la main.

Sources : Código do Trabalho (Lei 7/2009, version consolidée ; art. 263 non modifié, art. 264 dans sa rédaction issue de la Lei 23/2012) : art. 237(1) (droit à congés acquis au 1er janvier), art. 238(1) (22 jours ouvrés), art. 239(1) (deux jours ouvrés par mois l'année de l'embauche, dans la limite de 20), art. 245(1) (indemnité et prime de vacances en fin de contrat), art. 260 (indemnité de repas exclue de la rémunération), art. 262 (assiette par défaut : retribuição base et diuturnidades), art. 263 (prime de Noël, au plus tard le 15 décembre, proratisation, infraction très grave), art. 264 (assiette de la prime de vacances, versement avant les congés sauf accord écrit, infraction très grave), art. 296(1) (suspension pour absence de plus d'un mois). Régime temporaire des duodécimos : Lei 11/2013 du 28 janvier 2013, art. 2-4, 9(1) et 12 (50 % par douzièmes, opposition dans un délai de cinq jours, en vigueur jusqu'au 31 décembre 2013) ; reconduit chaque année, pour 2017 par la Lei 42/2016 du 28 décembre, art. 274 ; aucune disposition équivalente dans le budget de l'État pour 2018, Lei 114/2017 du 29 décembre 2017. Prime de Noël par versements échelonnés sur accord : CMS Portugal, « Duodécimos no setor privado: e agora? », 5 janvier 2018 (interprétation d'un cabinet d'avocats). Código do IRS, art. 99-C(5)–(6) (retenue distincte sur les primes ; retenue proportionnelle sur les douzièmes) et art. 99-E(1) (arrondi à l'euro inférieur), via le portail de l'Autoridade Tributária (info.portaldasfinancas.gov.pt). Despacho n.º 233-A/2026 du 6 janvier 2026 : barèmes de retenue 2026 pour le continent, Table I (jusqu'à 1 819 € : 24,10 %, parcela a abater 193,33 €), n.º 3(b) (barème appliqué à la rémunération mensuelle brute R), n.º 10 (taux effectif propre à chaque versement les mois de prime), n.º 12 (applicable aux revenus versés à partir du 1er janvier 2026). Baisse de l'IRS 2026 : Proposta de Lei 108/XVII/2, adoptée par l'Assembleia da República le 9 octobre 2026 et transmise pour promulgation le 12 octobre (parlamento.pt) ; Despacho n.º 12523-A/2026 du 14 octobre 2026 (Diário da República n.º 199/2026, 2e série, supplément), n.º 1-5 et 7 (50 % de la retenue du Despacho 233-A/2026 sur les revenus du continent versés en novembre 2026, y compris une prime de Noël versée ce mois-là ; exclusion au-delà de l'avant-dernière tranche, 20 221 € dans la Table I ; barèmes non ajustés à partir de décembre). Avis technique de l'Ordem dos Contabilistas Certificados « IRS - Retenção na fonte de subsídios de férias e de Natal » (août 2023) sur la retenue des douzièmes au taux de la prime entière. Código dos Regimes Contributivos (Lei 110/2009) : art. 46(2)(h) (primes incluses dans l'assiette des cotisations) et art. 53 (TSU de 23,75 % pour l'employeur, 11 % pour le salarié). Segurança Social : prestação compensatória dos subsídios de férias e de Natal (demande dans les six mois à compter du 1er janvier de l'année suivante). Les chiffres reflètent les valeurs 2026 pour le continent et sont donnés à titre d'illustration.
Niko Nurmentaus

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